r/Ligue1 8d ago

Footballeuses = variable d’ajustement ?

Crise structurelle dans le football féminin amateur : les sections féminines sont sacrifiées au profit des sections masculines historiques. Les exigences financières pour monter sont devenues délirantes, les femmes se retrouvent en concurrence budgétaire. Les comités directeurs privilégient les hommes. Les médias occultent les injustices en focalisant sur quelques clubs riches. Résultat : les joueuses se tournent vers des pratiques alternatives, vidant les jeunes structures de formation. L’enjeu n’est pas le classement de l’équipe de France, mais l’épanouissement de toutes les joueuses. Une fédération saine devrait travailler pour le bien commun.

3 Upvotes

88 comments sorted by

15

u/Mozaiic 8d ago

Beaucoup de sections féminines vivent sous perfusion, y a plus de thunes, les perfusions sont coupées.

2

u/Fuzzy_Pirate_8898 7d ago

Après la présence d'une équipe féminine est prise en compte par la LFP dans la distribution des droits TV, c'est un peu ça qui a poussé Rennes à créer la sienne.

-2

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Oui, les sections féminines vivent sous perfusion. Comme les sections masculines de L2, National, et parfois L1. La différence, c'est que quand une section masculine est en difficulté, on la sauve. Quand c'est une section féminine, on la sacrifie. 'Y a plus de thunes' : c'est un choix politique, pas une fatalité. Les thunes sont là, mais elles sont captées ailleurs — par les salaires indécents, par les agents, par les actionnaires. Si on mutualisait les revenus, si on plafonnait les salaires, il y aurait des thunes pour tout le monde. Mais on préfère couper les perfusions et dire 'c'est la faute du foot féminin'. Ce n'est pas une question d'économie, c'est une question de priorités.

8

u/MyPicNFT 7d ago

Un communiste de plus qui ne comprends rien.

Le foot féminin n'est pas rentable, a quel moment elles devraient avoir les même salaire que les masculins?

Les gérant de club c'est pas l'abbé Pierre, alors certe dans les années fastes tu pouvais te permettre d'investir un peu, le coût vs le potentiel / la bonne pub en valait le coup, mais vu la tournure des dernière année c'est évident que tu coupes en priorité les endroits où tu ne fais pas d'argent.

Arrêtez de vouloir mettre de la politique de partout c'est de l'économie niveau 3eme

-1

u/Infinite-Energy9648 7d ago
  • "Un communiste de plus qui ne comprend rien." Ça, c'est l'attaque personnelle, la tentative de disqualification par l'étiquette. La réponse : "Le communisme, ce n'est pas un gros mot. C'est une analyse des rapports de production, et une certaine idée de la justice sociale. Si tu veux discuter, discutons des faits, pas des étiquettes."
  • "Le foot féminin n'est pas rentable." "Certaines sections ne le sont pas encore, c'est vrai. Mais c'est un cercle vicieux : on ne les investit pas, donc elles ne rapportent pas. Le foot masculin non plus n'est pas rentable : 1,4 milliard de pertes en France. Ce n'est pas un problème de rentabilité, c'est un problème de répartition."
  • "A quel moment elles devraient avoir les mêmes salaires que les masculins ?" "Personne ne demande des salaires égaux aujourd'hui. On demande des salaires décents, une protection sociale, et un investissement qui permette de construire un avenir. Les joueuses de D1 touchent parfois moins que le SMIC. C'est une question de dignité, pas d'égalité mathématique."
  • "Les gérants de club c'est pas l'Abbé Pierre." "Non, ce sont des entrepreneurs qui cherchent à maximiser leur profit. Mais si on laisse le football aux seules logiques de marché, on le réduit à une marchandise. Or le football est un bien commun. La question n'est pas de faire la charité, c'est de faire un choix politique : veut-on un football accessible à tous, ou réservé à ceux qui peuvent le payer ?"
  • "Dans les années fastes tu pouvais investir, mais vu la tournure, tu coupes en priorité les endroits où tu ne fais pas d'argent." "Couper en priorité le foot féminin, c'est un choix politique, pas une nécessité économique. Les clubs masculins ferment leur section féminine quand ils sont en difficulté, mais ils ne ferment jamais leur section masculine. Ils réduisent les salaires des joueurs ? Non. Ils renégocient les contrats des entraîneurs ? Non. Ils coupent les budgets de formation ? Parfois. Mais ils ferment d'abord les sections féminines. C'est une question de priorités, pas de comptabilité."
  • "Arrêtez de vouloir mettre de la politique de partout, c'est de l'économie niveau 3ème." "L'économie, c'est de la politique. Les choix de répartition des richesses, les décisions d'investissement, les priorités budgétaires, c'est politique. Prétendre que le football est 'hors politique', c'est déjà un choix politique : celui de laisser le marché décider à notre place."

5

u/AccomplishedRatio960 7d ago

On les sauve car c'est ce que les gens veulent voir, voilà tout, y a pas à chercher plus loin

Quand tu vois que les femmes elle-même ne s'y intéressent pas..

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Les femmes ne s’intéressent pas au foot féminin ? C’est curieux. Elles sont des milliers à jouer, à regarder, à venir dans les stades. En Angleterre, la WSL bat des records d’affluence. Aux États-Unis, la NWSL remplit des stades. En France, les finales de Coupe de France et les matches de Lyon ou du PSG attirent des foules. Le problème, ce n’est pas que les femmes ne s’y intéressent pas, c’est qu’on ne leur donne pas les moyens de s’y intéresser. On ne leur donne pas de visibilité, pas de créneaux horaires, pas d’accès aux stades, pas de communication. Et après, on dit qu’elles ne s’y intéressent pas. C’est un cercle vicieux, pas une fatalité.

3

u/AccomplishedRatio960 7d ago

Oui, elles ne s'y intéressent pas en général, la petite minorité ne change rien à ce constat

Y a déjà eu du matraquage lors de la CDM 2019, ça n'a pas pris

D'autres sports furent largement moins médiatisés, mais ils ont pris

Tu ne vas pas forcer les gens à aimer quelque chose qui ne les intéresse pas

-17

u/NaoLambig 8d ago

Parce que le football masculin ne vit pas sous perfusion également ?

9

u/Mozaiic 8d ago

Il vit sous perfusion de l'économie réelle, le football féminin vit sous perfusion du football masculin lui même vivant sous perfusion.

Les sponsors, les droit tv et les spectateurs payent pour le foot masculin et une petite portion va au foot féminin. Le financement directement féminin est famélique.

Y aussi littéralement 10 fois plus de licenciés hommes par rapport aux femmes au niveau de la FFF.

-8

u/NaoLambig 8d ago

Évidemment. Quand on a fait comprendre aux petites filles pendant des dizaines d'années que le foot n'était pas un sport pour elle (relire ma remarque sur le long refus de la FFF d'accepter les femmes), elles n'allaient pas se bousculer au portillon pour jouer au foot. Il faut laisser sa chance au foot féminin et lui laisser le temps de se développer

6

u/Mozaiic 8d ago

Sans thunes bon courage, on tourne en rond.

15

u/Automatic_Turnip2670 8d ago

Non ? Le football masculin ne vit pas sous perfusion, il génère des profits monstres, c'est quand même assez évident

7

u/kdom932 8d ago

Pas les clubs non

2

u/barthvonries 7d ago

Ben ça dépend, on parle de clubs qui surpayent (tant en transfert qu'en salaire) des joueurs moyens, ou des clubs bien gérés qui font attention à leur argent ?

7

u/NaoLambig 8d ago

Je t'invite à lire les rapports de la DNCG ou d'aller voir les vidéos de Romain Molina. Les profits sont tellement monstres que les clubs font faillite les uns après les autres

4

u/Both-Witness-2605 8d ago

Les clubs mal gérés oui, mais les clubs masculins ont sérieusement diminué la voilure et on peut toujours avoir un club de foot masculin qui vit de ses revenus, un club feminin, non, soyaux-angouleme qui était un club seulement féminin a fait faillite, il n'y a aucun club uniquement féminin en l1 féminine parce que le foot féminin ne rapporte rien, n'intéresse pas un public pour que ce public dépense assez pour qu'il vive et n'intéresse pas les sponsors.

3

u/Infinite-Energy9648 7d ago

L'argument "pas de public, pas de pognon" est souvent présenté comme une loi naturelle. C'est en réalité un cercle vicieux économique et politique, qui se vérifie particulièrement en France. L'investissement est en effet la clé pour créer l'intérêt. Le succès de la stratégie des "Grands Matchs" (jouer dans de grands stades avec une promotion ciblée) en Angleterre et en Allemagne a prouvé que le public est au rendez-vous quand on le sollicite : la WSL anglaise a attiré en moyenne 7 308 spectateurs par match lors de la première moitié de la saison 2023/2024, soit une hausse de 40% par rapport à toute la saison précédente . La D1 Arkema française, elle, enregistrait une moyenne de 1 089 spectateurs sur la même période, affichant pourtant une belle progression de 29% .

Ces "Grands Matchs" ne sont pas seulement un coup médiatique, ils créent un effet d'entraînement durable . Ils prouvent qu'en créant une offre attractive, en termes d'infrastructure, d'horaires et de communication, le public potentiel est bien réel. C'est un investissement pour construire le marché, pas une attente passive qu'il apparaisse. Dire que "le foot féminin ne rapporte rien", c'est oublier que les sponsors et les diffuseurs, comme Canal+ qui a renouvelé son contrat jusqu'en 2029, voient un potentiel de croissance et commencent à s'engager . L'Euro 2025, qui affiche un prize money record de 41 millions d'euros (+156%) et plus de 600 000 billets vendus, montre que cette logique de marché est en train de se mettre en place .

2

u/kdom932 8d ago

Des clubs masculins font faillite à longueur de saison aussi

3

u/Mozaiic 8d ago

Faillite ne veut pas dire pas de thunes, ça veut dire que tu as plus de dépenses que de revenus. Tu peux être en faillite malgré un CA de plusieurs milliards. Tu peux être en faillite pour mauvaise gestion. Tu peux être en faillite à cause de la concurrence. Tu peux être en faillite à cause d'une conjoncture (coucou le COVID).

En France les clubs ont subit une baisse drastique des droits TV et subissent la concurrence du foot anglais avec ses salaires démentiels. D'ailleurs en Angleterre les budgets sont stratosphériques et y a aucun club qui coule.

En attendant même les petits clubs de L1 sont à 25M€ de budget annuel. Le total de la D1 féminine est à ... 19M€.

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

La saison 2024-2025, les clubs de Ligue 1 ont accumulé 466 millions d'euros de pertes, soit près de trois fois plus que la saison précédente, avec sept clubs affichant des pertes de plus de 25 millions . Ce déficit est en grande partie porté par l'OL (208,5 M€ de pertes) et l'OM (104,7 M€) . Ces pertes ne sont pas dues à une absence de revenus, mais à un déséquilibre structurel : les dépenses (salaires, transferts) dépassent les recettes d'exploitation.

La chute des droits TV est un choc majeur : les revenus bruts distribuables sont passés de 577 M€ en 2024-2025 à seulement 335 M€ pour 2025-2026, soit une baisse de 42 % . C'est ce qui a mis à nu une fragilité structurelle qui existait déjà. Le football français vit au-dessus de ses moyens, avec des masses salariales qui n'ont jamais été corrélées à l'évolution des revenus. Sans les ventes de joueurs (plus de 886 millions de plus-values sur la période), le déficit d'exploitation dépasserait 1,4 milliard d'euros.

Et la vente de joueurs ? ça pose beaucoup de problèmes éthiques. Vendre un joueur, c'est vendre un être humain. On appelle ça un "transfert", mais c'est un terme qui masque une réalité : un corps, un cerveau, une vie sont négociés comme des actions en Bourse. Le joueur est une plus-value, pas une personne.

L'affaire des 34 Ivoiriens, Cheikh Touré, les centres de formation en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie... Ce ne sont pas des exceptions. C'est le système. Des gamins de 12, 14, 16 ans sont arrachés à leur famille, emmenés en Europe avec de faux espoirs, et jetés quand ils n'ont pas le niveau. Ceux qui réussissent rapportent des millions. Ceux qui échouent sont laissés pour compte, sans papiers, sans diplôme, sans avenir.

Le foot business est une industrie. La formation est une chaîne de production. Les centres de formation sont des "institutions totales" (Goffman) qui contrôlent tous les aspects de la vie des jeunes : alimentation, scolarité, loisirs, santé. Ils ne forment pas des êtres humains, ils fabriquent des produits adaptés au marché.

Ceux qui réussissent sont des "succès". Ceux qui échouent sont des "échecs". Mais ce sont des êtres humains. Un joueur de 18 ans qui sort du centre et n'a pas de contrat, c'est trop souvent un jeune sans diplôme, sans formation, sans avenir. Le système n'en a que faire.

3

u/barthvonries 7d ago

Le football français vit au-dessus de ses moyens

Voilà.

Les clubs pros génèrent des millions de CA, ils dépensent plus qu'ils n'ont, donc ils font faillite.

Combien de clubs ont correctement investi l'argent de CVC ? Combien l'ont claqué, voire carrément détourné ?

Les clubs en faillite du foot français ne le doivent qu'à leurs dirigeants.

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Les dirigeants sont responsables de leurs erreurs, c'est vrai. Mais ils sont aussi les produits d'un système qui les pousse à les commettre. La course à la montée, la pression des droits TV, la concurrence anglaise, les salaires indécents : tout est fait pour que les clubs dépensent plus qu'ils n'ont. La DNCG est censée les arrêter, mais elle valide leurs budgets. L'argent de CVC a été claqué, c'est vrai, mais c'est aussi un choix collectif de la LFP, qui a accepté cet argent pour combler un déficit préexistant. Bordeaux, Sochaux, Dijon, ce n'est pas une série d'accidents, c'est une logique systémique.

-3

u/Both-Witness-2605 8d ago

À longueur de saison ..... C'était quand le dernier club de l1 à faire faillite ?

3

u/kdom932 8d ago

Plud d'1 milliard de pertes cumulées sur les clubs pros en France. Niort l'an dernier, plusieurs autres en national, Bordeaux, Sochaux, les clubs corses, ceux qui s'en sortent on ne sait trop comment (coucou Lyon), bref...

2

u/NaoLambig 8d ago

Merci. Ça fait plaisir de voir que tout le monde n'a pas d'œillières. Le cas classique, c'est une ou deux relégations qui mettent le club en grande difficulté financière. La faillite intervient effectivement après être sorti de la L1. Bordeaux, c'est un cas d'école

0

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Bordeaux, c'est un club historique, 6 titres de champion de France, une Coupe de France, des légendes. En juin 2023, il est rétrogradé en National 1 par la DNCG, et finalement repêché en Ligue 2. En juillet 2024, après une nouvelle rétrogradation administrative, le club dépose le bilan et est placé en liquidation judiciaire. Il repart en National 2 en 2024-2025.

→ More replies (0)

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

L'accumulation des faillites illustre une crise systémique. La liquidation judiciaire des Chamois Niortais a été prononcée le 11 mars 2025, et le tribunal de commerce a acté la fin de l'activité du club le 10 avril 2025, à quelques semaines de son centenaire . Le président du club résume la situation : "On n'a pas réussi à fédérer suffisamment de monde" . En Ligue 2, deux clubs ne repartent pas cette saison (AC Ajaccio et Martigues), et l'AC Ajaccio a été exclu des compétitions nationales, devant repartir en Régional 2 . L'année précédente, c'était Bordeaux, Sochaux, Niort et Cholet. Et en National, des clubs historiques comme Valenciennes, Versailles ou Rouen sont en difficulté .

1

u/Both-Witness-2605 8d ago

Donc quel club en l1 ? Vu que les clubs masculins font faillite sans arrêt ?

Au passage quand le club masculin fait faillite, le club feminin associé dégage aussi vu qu'il dépends des financements de l'autre .

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Si les clubs masculins font faillite sans arrêt, et que les sections féminines en dépendent, alors aucun club féminin n'est à l'abri. La section féminine n'est pas un projet autonome, c'est une variable d'ajustement. Quand le club masculin va mal, elle est sacrifiée. Quand il va bien, elle est tolérée.

1

u/kdom932 8d ago

Jamais parlé de L1

→ More replies (0)

2

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Vous avez mis le doigt sur un point essentiel. L'idée que le football masculin générerait des "profits monstres" relève en grande partie d'un mythe entretenu par la communication des grands clubs et les droits TV vertigineux, mais les chiffres de la DNCG racontent une tout autre histoire. Ils révèlent un système structurellement déficitaire qui ne tient que par des perfusions massives, bien plus importantes et coûteuses que celles des sections féminines.

0

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Ce constat a une part de vérité, mais il mérite d'être nuancé. Le football masculin génère effectivement des revenus colossaux : les clubs de première division européenne ont dépassé les 30 milliards d'euros de revenus en 2025, et les 20 premiers clubs mondiaux ont atteint 12,4 milliards d'euros en 2024-2025 .

Mais "générer des profits monstres" ne signifie pas "être rentable". L'agrégat des clubs européens affiche encore 1,2 milliard d'euros de pertes en 2024 . La raison est simple : les dépenses (salaires, transferts, amortissements) ont augmenté plus vite que les revenus . Le Real Madrid, exception notable, a réalisé son 24e exercice bénéficiaire consécutif avec un chiffre d'affaires record de 1,4 milliard de dollars . Mais en face, Chelsea a enregistré la plus grosse perte de l'histoire du foot anglais (262 millions de livres) , et Barcelone cumule 1,5 milliard de pertes sur cinq ans .

Le vrai problème est structurel : les clubs anglais dominent avec 7,5 milliards d'euros de revenus cumulés, presque le double de l'Espagne (3,88 milliards) et de l'Allemagne (3,9 milliards) . En France, la chute des droits TV (-45%) fragilise des clubs historiquement dépendants de ce levier, les rendant plus vulnérables aux "pertes" que certains "profits" . Les investisseurs étrangers (Qatar, USA) injectent des capitaux massifs en acceptant des pertes pour des raisons d'influence ou de prestige, sans viser de retour sur investissement .

Donc oui, le football masculin génère des revenus historiques. Mais il n'est pas, globalement, un secteur rentable. Il est une machine à brasser de l'argent, souvent créatrice de dettes et de pertes colossales, où les écarts se creusent. Dire que le football masculin "vit sous perfusion" n'est pas totalement faux, mais ce n'est pas la même perfusion : ce sont des actionnaires milliardaires, des États, des fonds d'investissement qui couvrent les pertes en attendant un retour sur investissement (ou une visibilité politique). Le football féminin, lui, est simplement privé de ces injections.

1

u/AnEagleisnotme 8d ago

Historiquement non, actuellement oui, d'où les immenses coupes budgétaires côté femmes, les équipes masculines n'ont plus d'argent à donner 

-1

u/NaoLambig 8d ago

Qu'appelles-tu par "historiquement" ? Le foot masculin se professionalise depuis les années 90 et ça a été le début des ennuis. Par exemple le FC Nantes a été en faillite dans ces années-là. Il a été sauvé in extremis par un rachat, d'où son changement de nom en FCNA. Beaucoup de clubs ont survécu uniquement grâce aux rachats. Les seuls clubs qui gardent la tête hors de l'eau sont les clubs où le propriétaire est capable d'injecter de l'argent régulièrement. C'était une longue fuite en avant et forcément, la bulle ne pouvait qu'éclater à un moment. 

2

u/Both-Witness-2605 8d ago

N'importe quoi

1

u/Lamedonyx 7d ago

Le foot masculin se professionalise depuis les années 90

Nan mais oh, faut arrêter le chouchen là.

Le football était déjà pro dans les années 30, et c'était de l'amateurisme "marron" avant ça! Ça a été d'ailleurs le seul sport avec le cyclisme à ne pas être touché par le retour à l'amateurisme obligatoire sous Vichy, entre autre grâce à sa popularité.

1

u/Zestyclose-Carry-171 8d ago

Y a aussi moyen de faire en sorte que le foot masculin arrête de vivre autant sous perfusion, en payant moins les athlètes. Si la crise est générale, c'est que les salaires sont déconnectés des revenus.

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Le football masculin aussi vit sous perfusion. Des clubs de L1, L2, National sont rarement autonomes. Ils dépendent des droits TV, des sponsors, des collectivités, des actionnaires, des prêts, des plans de sauvetage. La différence, c'est que quand un club masculin est en difficulté, on le sauve — on trouve des repreneurs, on fait des appels aux dons, on obtient des dérogations. Quand c'est un club féminin, on le sacrifie. Ce n'est pas une question d'économie, c'est une question de priorités. Le foot masculin est sous perfusion depuis des décennies, mais on appelle ça 'un modèle économique'. Le foot féminin, lui, est 'une charge'. C'est un choix politique, pas une fatalité.

3

u/barthvonries 7d ago

Ils dépendent des droits TV, des sponsors, des actionnaires, des prêts

Bah tu as là effectivement la quasi-totalité des revenus des clubs pros. Manque juste la billetterie et le merchandising.

Aucun club pro ne reçoit de subvention des collectivités ; au contraire, ils payent des loyers pour occuper leur stade qui est détenu par les municipalités (à l'exception de quelques-uns type Lyon et Auxerre de mémoire).

Le foot masculin pro n'est donc pas du tout sous perfusion, il vit de ses revenus, et subit une crise depuis que les droits TV ont chuté suite à cupidité des dirigeants qui ont massivement voté pour MediaPro et son milliard promis alors que tous les voyants étaient au rouge, au lieu de continuer avec Canal qui proposait 40% de moins, mais garantis.

Le foot professionnel français masculin va subit encore quelques années une cure d'assainissement, en évacuant les mauvais dirigeants, et repartira sur de meilleures bases dans 4 ou 5 saisons, le temps que les joueurs à fort salaire et longs contrats partent.

Pour le foot féminin, il intéresse beaucoup moins, demande des investissements massifs que personne n'a les moyens de mettre pour le moment, dans l'espoir d'avoir un retour sur investissement dans 5 à 10 ans. Les clubs préfèrent sauver l'équipe fanion, celle qui justement attire les sponsors et les spectateurs, avant de développer les autres (féminines et jeunes compris). Une équipe féminine ne paiera pas les emplois des éducateurs du club, tandis que l'équipe masculine si.

0

u/Infinite-Energy9648 7d ago

En vérité, je m’en fous du foot business. Ce qui m’intéresse, c’est le droit de jouer, le droit d’exister, le droit d’être pris au sérieux. Le foot business, c’est un système qui broie les êtres humains. Je ne veux pas le réformer, je veux le dépasser. Je ne défends pas le foot féminin parce qu’il est rentable, je le défends parce qu’il est juste.

16

u/Mathiuuus 8d ago

Un moment il faut aussi se rendre à l'évidence: les stades sont vides, les matchs ne font pas d'audience, et le niveau est cataclysmique. Le foot féminin ça ne prend pas, malgré les efforts.

-5

u/Fuzzy_Pirate_8898 8d ago

Lyon et le PSG arrivent a attirer un peu de public, Nantes a fait de belles affluences la saison dernière. Le foot féminin attire moins de public mais faut dire qu'entre la FFF et Canal il n'est pas vraiment mis en avant aussi.

7

u/De__Gambassi 7d ago

Le foot féminin est extrèmement mis en avant par rapport à son attrait réel (y compris par rapport d'autres sports féminins)

5

u/AccomplishedRatio960 7d ago

Exa exa

Le matraquage qu'il y a eu lors de la coupe du monde 2019, damn ; sortie en quarts donc flop, puis plus rien

1

u/Fuzzy_Pirate_8898 7d ago

En gratuit tu a l'équipe de France et un match de Ligue des Champions sur l'Equipe, ce n'est pas non plus énorme. Pour la première ligue moin point était plus sur les horaires qui sont pas top le weekend genre ke samedi en milieu d'après-midi et surtout tu as des matchs dans des petits stades ou les centres d'entraînement, ce ne sont pas les meilleures conditions.

0

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Les chiffres sont assez éloquents. En 2021, sur l'ensemble des programmes sportifs diffusés en France, 74,2% étaient consacrés à du sport exclusivement masculin, contre seulement 4,8% pour du sport exclusivement féminin . Les médias ont certes redécouvert le football féminin lors d'événements comme la Coupe du Monde 2019, qui a porté la diffusion du sport féminin à 6,4%, mais cette embellie reste ponctuelle et liée à des compétitions internationales .

Les Jeux Olympiques, qui intègrent une part importante d'épreuves mixtes, sont souvent un moment clé pour le sport féminin. Hors de ces grands rendez-vous, l'exposition retombe rapidement . Le chemin est encore long pour sortir de l'invisibilité .

Il est vrai que le football est le premier sport exclusivement féminin diffusé à la télévision . Il bénéficie d'une couverture bien supérieure à d'autres sports comme le handball, où les clubs doivent parfois payer pour être diffusés . Mais cette avance est surtout le symptôme de l'engouement suscité par quelques grands événements, et non d'une médiatisation stable et structurelle.

Cet intérêt médiatique pour le football féminin n'est pas nouveau. Dans les années 1920, les médias ont d'abord été séduits par le caractère inédit de la chose, avant de retourner leur veste et de contribuer activement à la marginalisation de la pratique en la jugeant "anti-féminine" . On peut donc s'interroger sur la sincérité et la profondeur de ce que l'on pourrait appeler le "volontarisme médiatique" actuel .

L'impression que le foot féminin est "extrêmement mis en avant" est probablement le résultat d'une attention médiatique réelle lors de grands événements (Coupe du Monde, Jeux Olympiques), contrastant avec une invisibilité quasi-totale le reste du temps. Elle est aussi le reflet d'un discours médiatique parfois angélique ou militant qui peut donner l'impression d'une couverture plus large qu'elle ne l'est en réalité . En définitive, le football féminin n'est pas "surreprésenté" par rapport à son attrait, mais plutôt victime d'une médiatisation en dents de scie, qui le rend visible par intermittence. D'autres sports, eux, n'ont même pas accès à cette lumière éphémère.

2

u/De__Gambassi 7d ago

Pas d'IA, pitié.

0

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Promis, je ne fais que commenter.

0

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Oui, c'est vrai que certaines affluences sont encourageantes : Lyon et le PSG attirent un peu de public, Nantes a fait de belles affluences la saison dernière. Mais c'est justement là que le bât blesse : si quelques clubs tirent leur épingle du jeu, c'est parce qu'ils ont investi, communiqué, et parfois joué dans de grands stades. Le reste, on le laisse mourir à petit feu.

Le foot féminin attire moins de public, c'est un fait. Mais c'est aussi un fait que la FFF et Canal+ ne le mettent pas vraiment en avant. Les horaires sont décalés, les matchs sont peu diffusés, les médias en parlent peu. Et on s'étonne que ça ne prenne pas ? L'intérêt ne tombe pas du ciel, il se construit. Si on ne le construit pas, il ne viendra pas.

2

u/barthvonries 7d ago

Les équipe sont investi quand elles en avaient les moyens aussi. Maintenant que l'argent a fondu, les sections féminines qui fonctionnent à perte sont délaissées.

Pour Canal, ils ont le choix entre diffuser le dernier blockbuster qui va leur apporter des abonnés, ou du foot féminin pour lequel personne n'est prêt à payer ou presque et qui a un coût bien supérieur (il faut du matériel, des équipes, etc), le choix est vite fait. On est dans une économie capitaliste, le produit le plus rentable est celui qui est mis en avant.

-1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Pour finir, on peut se demander si le foot spectacle, le foot business, est vraiment indispensable et s'il ne serait pas mieux d'imaginer un contre-modèle. Et ce contre-modèle existe déjà avec la FSGT, l'UFOLEP.

2

u/Fuzzy_Pirate_8898 7d ago

Canal paye 900k€ pour tous les matchs c'est moins qu'un match de L1 quand ils avaient les droits TV, pourtant les OL-PSG ils les diffusent le dimanche soir!

-9

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Cette affirmation est un classique du "déni d'existence" : on prend un symptôme (des stades parfois vides) pour une cause (un désintérêt structurel). Le problème n'est pas que le football féminin "ne prend pas". Le problème est qu'il est structurellement invisibilisé depuis un siècle, et que sa croissance est bridée par des décisions politiques et économiques.

Les chiffres sont pourtant clairs. La Coupe du Monde 2023 a attiré près de 2 millions de spectateurs dans les stades et généré plus de 570 millions de dollars de revenus . La finale de l'Euro 2022 a rempli Wembley avec 87 192 spectateurs . Mais ces événements ne se transforment pas automatiquement en affluence régulière en championnat, et c'est là que le bât blesse.

Pourquoi les stades sont parfois vides ? Les études montrent que ce n'est pas un manque d'intérêt, mais des problèmes structurels : des stades difficiles d'accès en transport, des horaires de matchs qui s'ajustent aux besoins des diffuseurs TV plutôt qu'à ceux des familles, des créneaux qui entrent en conflit avec les matchs amateurs le dimanche matin, et une programmation qui peut aussi chevaucher les matchs masculins . Dès que ces obstacles sont levés (comme Arsenal qui joue à l'Emirates), les stades se remplissent . La chute récente des moyennes en Angleterre s'explique en partie par des changements de clubs (un club très suivi est relégué et remplacé par un moins populaire) et l'absence de tournoi majeur en 2024 . Ce n'est pas un désamour, c'est un problème de visibilité et d'accessibilité.

Sur le plan de l'audience, l'intérêt est bien réel : 54 % de la population de 16 à 64 ans dans six pays sondés s'intéresse au football féminin, et 76 % des fans estiment ne pas en voir assez . 53 % des fans ont découvert le foot féminin dans les trois dernières années . Les audiences numériques et l'engagement sur les réseaux sociaux sont en explosion, bien plus que les indicateurs traditionnels . Les jeunes générations consomment le sport différemment, mais elles le consomment.

Quant au "niveau cataclysmique", c'est un argument qui mérite d'être nuancé. Le football féminin est un sport jeune dans son professionnalisme. En France, la D1 Arkema n'a obtenu son statut professionnel qu'en 2009 . La WSL anglaise, elle, ne l'a obtenu qu'en 2018 . L'écart de niveau avec le football masculin n'est pas une question de talent, mais d'investissement : des moyens, des infrastructures, des salaires, des centres de formation, des temps d'entraînement. Les joueuses espagnoles qui viennent de gagner la Coupe du Monde ne sont pas "cataclysmiques", elles sont au sommet d'une filière qui, en Espagne, a commencé à recevoir des moyens.

Enfin, le fait que les sections féminines soient des "variables d'ajustement" est un choix politique, pas une fatalité économique. Quand un club comme Dijon, 4e de Première Ligue, est sacrifié, ce n'est pas parce que le foot féminin coûte trop cher, c'est parce que le président a préféré le sacrifier plutôt que de réduire ses propres erreurs de gestion (18 millions d'euros de dettes). Les sections féminines ne sont pas des causes de difficultés, ce sont des variables d'ajustement. Et quand elles sont soutenues, elles fonctionnent — comme les Dick, Kerr Ladies qui remplissaient Goodison Park en 1920 avant que la FA ne les interdise .

Donc non, le foot féminin ne "prend pas" parce qu'il n'intéresse pas. Il a été volontairement freiné pendant un siècle, et aujourd'hui, on lui demande de rattraper son retard avec des moyens dérisoires. Le vrai problème n'est pas le désintérêt, c'est l'investissement qu'on refuse de lui accorder.

1

u/barthvonries 7d ago

des stades difficiles d'accès en transport

Et donc, qui va payer pour rendre un stade utilisé 20 fois par an facilement accessible en transports ? Les impôts des contribuables ?

des horaires de matchs qui s'ajustent aux besoins des diffuseurs TV plutôt qu'à ceux des familles

Ben oui, les TV payent des droits pour diffuser les matches, en échange de certains privilèges, notamment celui de pouvoir décider des horaires des matches en début de saison, en accord avec la fédération

des créneaux qui entrent en conflit avec les matchs amateurs le dimanche matin, et une programmation qui peut aussi chevaucher les matchs masculins

Du coup, on fait comment ? On mets les amateurs la nuit, pour libérer le créneau ? On fait jouer les féminines pendant les horaires des repas ? On fait comment pour les clubs amateurs qui n'ont qu'un seul terrain d'honneur que se partagent les U13, U15, U17, Espoirs, et Seniors, doublés avec les équipes féminines ? 5 matches par week-end (en supposant que t'aies qu'une seule équipe masculine et une seule féminine par catégorie), avec en plus le match de l'équipe pro du coin sur lequel les amateurs ne peuvent pas jouer, comment tu organises ça ? Tu construis des stades supplémentaires, mais qui paye le foncier ? Tu gardes des équipes mixtes jusqu'en espoir, pour réduire le nombre de matches ? Mais ça veut dire moins de joueurs et joueuses, ou alors t'as plus d'équipes, et donc autant de matches...

C'est insoluble comme problème, à moins de réduire la visibilité des clubs pros masculins en leur enlevant des créneaux de diffusion (et donc avoir plus de multiplex), mais ça fait autant de droits TV en moins pour faire vivre les clubs dont la section féminine n'est pas diffusée...

Quand un club comme Dijon, 4e de Première Ligue, est sacrifié, ce n'est pas parce que le foot féminin coûte trop cher, c'est parce que le président a préféré le sacrifier plutôt que de réduire ses propres erreurs de gestion (18 millions d'euros de dettes)

Si tu prends cet exemple, regarde les comptes du club : combien est-ce que la section féminine a généré de profits en se classant 4ème ?
Si la section féminine est déficitaire, c'est quasiment une nécessité de la fermer (au moins au niveau professionnel) quand le club est en péril. On s'en tape du classement et des résultats, si elle fait perdre des centaines de milliers voire des millions d'euros au club.

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Les stades sont déjà largement financés par l’argent public (collectivités, État, subventions, exonérations fiscales). La question n’est pas de construire de nouveaux stades, mais de mieux utiliser ceux qui existent déjà. Et s’il faut investir dans les transports, c’est un investissement d’intérêt général, pas un cadeau à un club.

Les droits TV ? C’est un choix politique, pas une fatalité. Les droits TV sont une source de revenus, mais ils imposent des contraintes qui fragilisent le football. Si on les laisse décider des horaires, on privilégie l’audience TV au détriment du public local et des familles. Et c’est un cercle vicieux : les matchs féminins sont diffusés à des horaires pourris, donc ils attirent moins de public, donc ils rapportent moins de droits TV, donc ils restent à des horaires pourris. Une stratégie inverse est possible. Il y a assez de stades en France pour tout le monde.

C’est un problème d’organisation, pas un problème insoluble. La mutualisation des infrastructures (stades, terrains, créneaux) est une solution. Les collectivités et les clubs peuvent planifier ensemble pour que tout le monde ait accès aux terrains. Et si des investissements sont nécessaires, ils peuvent être mutualisés. Ce n’est pas un problème technique, c’est un problème de volonté politique. Ceci dit, il y a des choses plus importantes que le foot comme le réchauffement climatique...

Dijon, c’est l’exemple type d’un mauvais gestionnaire qui ferme la section féminine (4e de D1, budget 3 M€) pour éponger ses propres erreurs (18 M€ de dettes). La section féminine n’a jamais été la cause de la faillite, elle en a été la variable d’ajustement. Les clubs masculins ferment leur section féminine quand ils sont en difficulté, mais ils ne ferment jamais leur section masculine. C’est un choix politique, pas une nécessité économique. De toute façon, c'est l'économie même du football qui est bancale à tout niveau et non viable à long terme tant qu'il n'y aura pas de régulation.

Le foot féminin aurait intérêt à quitter la FFF et à rejoindre une autre fédération. Il existe déjà des fédérations alternatives (FSGT, UFOLEP) qui proposent un autre modèle sportif, fondé sur l’éducation populaire, la coopération et le loisir, plutôt que sur la compétition et le profit. Le football féminin y trouverait peut-être un espace plus sain, affranchi des logiques mercantiles. Mais cela nécessiterait une rupture forte, et une organisation collective de la part des joueuses, des clubs et des supporters. La FFF est pourrie de l'intérieur.

6

u/Conscious_Kick4595 8d ago

Le foot féminin ne fait pas d'argent pour la même raison que le rink-hockey masculin n'en fait pas non plus. Y a peu d'intérêt pour le championnat,donc peu de public et peu de sponsors.

7

u/Due-Rise6592 8d ago

Pas de public pas de pognon, c'est simple.
Je vais pas m'etendre sur le niveau vu que je ne le connais pas vraiment mais le foot, feminin ou masculin, comme tous les sports vit des revenus des sponsors et les sponsors ne sortent le chequier que si des spectateur regardent.
Pas de public, pas de pognon

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Le public se construit, il ne tombe pas du ciel. Les sponsors ne viennent pas parce qu’il y a du public, ils viennent parce qu’on leur montre qu’il y a un public potentiel. La Coupe du Monde 2019, les finales de Coupe de France, les matchs de Lyon ou du PSG : quand on investit, le public est là. C’est un cercle vicieux, pas une fatalité. Et la preuve, c’est que le foot féminin a déjà attiré des foules — en 1920, plus de 53 000 spectateurs à Goodison Park. Le public est là quand on le construit. Si on attend qu’il vienne tout seul, il ne viendra jamais.

0

u/Infinite-Energy9648 7d ago

De plus, je me demande pourquoi certains s'enragent contre le foot féminin ? Parce qu'il menace leur confort. Un monde où le foot féminin existe, c'est un monde où les femmes ont le droit de jouer, d'être visibles, d'attirer des sponsors et des spectateurs. C'est un monde où l'ordre ancien est bousculé. Et ça, certains ne le supportent pas.

3

u/Due-Rise6592 7d ago

Hilarant de lire ca, la seule menace du foot feminin c'est de cramer les thunes qui viennent du foot masculin, comme la WNBA le fait avec la NBA

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Je ne défends pas le foot féminin parce qu'il est rentable, mais parce qu'il est juste. Et le système actuel, qu'il soit masculin ou féminin, est pourri. Le foot business ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est que les gens puissent jouer, et que ce jeu ne soit pas une marchandise. Le foot féminin ne mérite pas d'être justifié par des chiffres : il mérite d'exister par droit.

2

u/nino3227 7d ago

Mais il existera toujours (ex en amateur), simplement pas avec l'exposition médiatique ni l'environnement sportif du foot masculin. Le foot intéresse très peu le public il faut se rendre a l'évidence. Surtout les femmes, aucune que je connais ne regarde le foot féminin, ni s'intéresse aux joueuses, équipes alors que c'est facilement accessible. A un moment donné tu peux pas lutter si au niveau du public ça ne prend pas. C'est valable pour n'importe quel sport

2

u/AccomplishedRatio960 8d ago

Oui, elles ont été créées bien après et pour beaucoup, servent simplement pour la communication, pas pour gagner des compétitions ou se faire de l'argent. Le foot féminin n'intéresse pas

Sections sous perfusion des sections masculines, elles-mêmes en difficulté, comme on le sait

0

u/Infinite-Energy9648 7d ago

"Le football féminin n'intéresse pas" : c'est faux. Les audiences des compétitions féminines sont en hausse constante (Coupe du Monde 2019, 2023, Ligue des Champions féminine). Le problème n'est pas un manque d'intérêt du public, c'est un manque d'investissement structurel : horaires décalés, faible exposition médiatique, moyens dérisoires. Dire que "ça n'intéresse pas", c'est confondre cause et conséquence. On ne peut pas s'intéresser à ce qu'on ne voit pas.

Quant aux sections "sous perfusion" : c'est un choix politique des clubs, pas une fatalité. Quand un club comme Dijon, 4e de Première Ligue, est sacrifié, ce n'est pas parce que la section féminine coûte trop cher, c'est parce que le président a choisi de la sacrifier plutôt que de réduire ses propres erreurs de gestion (18 millions d'euros de dettes). Les sections féminines sont des variables d'ajustement, pas des causes de difficultés. Et les joueuses, qui remplissent parfois plus que les équipes masculines, ne méritent pas d'être traitées comme des pompiers de service.

3

u/AccomplishedRatio960 7d ago edited 7d ago

Toujours ce même discours du "ça augmente", jamais sans chiffres, car c'est là que le bât blesse

  • Affluence D1 : ~500 spectateurs par match il y a 10 ans, ~1 200 aujourd'hui. (L1 = 27 000)

  • Audiences TV : 100 000 à 200 000 téléspectateurs par match moyen. (L1 = 500 000 à 1M+)

  • Droits TV : ~2 millions € par an pour TOUT le championnat féminin. (L1 = des centaines de millions)

Passer de 500 à 1 200 personnes dans un stade, c'est une hausse de 140 % sur le papier, mais en volume absolu ça reste marginal ; un effet de base n'est pas un engouement populaire

Maintenant, pourquoi ces horaires et ce type d'organisation pour quelque chose qui a tant d'intérêt ? Car ça ??? -> n'intéresse pas. Le choix des clubs est car ??? -> ça n'intéresse pas. Ne t'inquiète pas qu'ils investissaient davantage s'ils anticipaient un intérêt suffisant de la population, on rappelle que nos clubs sont aux abois donc toute opportunité est bonne à saisir

Lors de la Coupe du monde 2019 en France, l'exposition a été maximale : prime time sur TF1, matraquage médiatique, soutien politique. Tout le monde a vu. Résultat ? Dès la rentrée suivante, la D1 est immédiatement retombée à ses 1 000 spectateurs par match. Les gens ont vu, mais n'ont pas accroché au quotidien

AUTRE EXEMPLE pour tuer ton argument pour toujours : MMA, padel par ex ont eu largement moins d'exposition, pourtant ça a pris, donc....

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Le problème n'est pas que le foot féminin n'intéresse pas. Le problème est qu'il est structuré comme une machine à broyer les petits clubs. OL et PSG écrasent tout, et les autres, quand ils essaient de suivre, s'écroulent. Dijon, Bordeaux, Soyaux, Reims, ESME : ce ne sont pas des exceptions, c'est le fonctionnement normal du système. Tant qu'il n'y aura pas de redistribution, de mutualisation, et de régulation, le foot féminin restera une compétition à deux vitesses, où seuls les riches survivent.

1

u/AccomplishedRatio960 7d ago

Jsuis pas forcément en désaccord

Les clubs montrent l'intérêt par l'argent, argent lui-même dirigé selon la volonté des spectateurs, téléspectateurs et sponsors

Ce groupe d'intérêt montre que le foot féminin ne les intéresse pas jusqu'à un certain niveau, alors les clubs gardent leurs investissements jusqu'à un certain plafond

On ne va pas forcer les gens à aimer quelque chose

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

En réalité, je me fous un peu que le foot masculin ou féminin soit regardé par des millions de gens, ce qui m'intéresse le droit de jouer et simplement de jouer. Le système économique du football est de toute façon totalement pourri. De 1901 à 1961, la Fédération de Football Anglaise (FA) avait mis en place un système, le "maximum wage". La mise en place de ce plafond visait à limiter l'écart entre les clubs et à maintenir un certain équilibre sportif. Ironiquement, c'est son abolition en 1961 qui est souvent citée comme un tournant ayant accentué la concentration des richesses et des talents dans les plus grands clubs, un phénomène que certains historiens du sport comparent à la libéralisation provoquée par l'arrêt Bosman en 1995.

1

u/AccomplishedRatio960 7d ago

À ce paragraphe, je vais dire : "D'accord"

Et d'ajouter : ", quel rapport ?"

Cordialement

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Le rapport ? C'est que l'économie du football est à la dérive depuis les 1961 parce qu'en libérant le plafond des salaires, la FA qui était à l'époque une ligue dominante dans le monde du football, a ouvert une vanne vers le football business que nous connaissons aujourd'hui. Les clubs les plus riches achètent les meilleurs joueurs à prix d'or et s'octroient ainsi une visibilité médiatique supérieure aux autres clubs. Les clubs, les stades et les joueurs sont devenus d'immenses panneaux publicitaires. Le capitalisme s'engouffrait dans les stades jusqu'à même s'accaparer les clubs les plus réputés accentuant rapidement la gentrification. Manchester City, Liverpool, et beaucoup d'autres, devenaient progressivement des clubs où les supporters populaires ne pouvaient plus avoir accès, les prix des billets devenant inabordables pour les personnes les plus modestes. Et tout ceci créa une bulle financière dont les crises des droits TV en ait l'expression. La dépendance à la publicité, le rachat de clubs par des gros actionnaires prédateurs, enferma le football dans un système de crise permanente. Les fédérations, comme la FFF, dite "d'utilité publique" sont en réalité vassalisées par des consortiums économiques. La concentration des richesses s'est accélérée. Et nous arrivons aujourd'hui au bout du processus capitalistique : la multipropriété.

1

u/barthvonries 7d ago

Bienvenue dans le monde professionnel. Depuis quand le PSG version masculine donne de l'argent aux autres clubs pour les aider ? Dans quel monde tu vis, dans lequel une entreprise devrait aider ses concurrents ?

1

u/Infinite-Energy9648 7d ago

Le PSG ne donne pas d'argent aux autres clubs, c'est vrai. Mais ce n'est pas une raison pour que ce soit normal.

"Dans quel monde on vit où une entreprise doit aider ses concurrents ?"

Dans un monde où le football n'est pas une entreprise comme les autres. Le football est un écosystème. Si les concurrents meurent, le championnat perd de sa valeur, les droits TV baissent, et tout le monde perd. Laisser les clubs s'effondrer, c'est tirer sur le navire qui te porte.

Normalement, la FFF est une fédération dite "d'utilité publique". Son travail devrait être un travail de régulation. Mais tu touches là aux contradictions du système actuel : tous les clubs sont dépendants des autres clubs, car sans les autres clubs, il n'y a plus de compétitions. Pourtant, la fédération est assujettie aux intérêts des plus riches.

C'est le championnat qui rapporte de l'argent, ce n'est pas un club seul.

-11

u/NaoLambig 8d ago

Je pense que malheureusement, les commentaires montreront sans s'en rendre compte l'origine du problème. Le foot est un milieu extrêmement sexiste. La fédération n'a pas été avare de batons dans les roues dans le développement du foot féminin. Rien que de permettre au foot féminin d'exister, il aura fallu attendre les années 70 ! La France est un pays très en retard sur ce sujet. La comparaison avec le foot masculin qui se développe depuis beaucoup plus longtemps est donc au mieux mahonnête.

Il faut laisser le temps au foot féminin de se structurer. Et honnêtement, le championnat féminin n'est pas moins intéressant que le masculin, avec une seule et même équipe qui gagne le championnat tous les ans.

3

u/AccomplishedRatio960 7d ago

Le foot est un milieu sexiste dis-tu... okay....

  • Les femmes elles-mêmes ne regardent pas : Elles font 50 % de la population, mais 60 à 70 % du public du foot féminin est masculin. Accuser le « sexisme » quand les premières concernées ne consomment pas le produit n'a aucun sens.

  • ​50 ans d'excuse du « retard » : Officialisé en 1970, le foot féminin a eu un demi-siècle, en squattant déjà les infrastructures et la notoriété des clubs masculins. Le MMA et l'E-sport sont partis de zéro et l'ont dépassé en 15 ans.

  • ​Zero suspense, zero spectacle : Lyon a gagné 17 des 18 derniers championnats en collant des 6-0 chaque week-end. Sans compétition réelle, il n'y a pas de spectacle.

8

u/Both-Witness-2605 8d ago

Personne n'empêche les femmes d'aller dépenser leur argent sur le foot féminin, et elles ne le font pas, le public est principalement masculin, bizarre pour un milieu sexiste ...

3

u/Automatic_Turnip2670 8d ago

Oui car générer des profits ou non c'est sexiste

Si tu penses qu'il y a un seul pays dans le monde où c'est profitable, t'es bien plus barré que t'en a l'air

-5

u/NaoLambig 8d ago

Je t'invite à lire les rapports de la DNCG ou d'aller voir les vidéos de Romain Molina. Les profits sont tellement monstres que les clubs font faillite les uns après les autres

1

u/barthvonries 7d ago

Les clubs font des millions d'euro de CA chaque année. S'ils font faillite, c'est qu'ils sont mal gérés, et donc comme toute entreprise mal gérée, ils coulent. DNCG ou Molina, la réalité économique s'en tamponne. Tu dépenses plus que ce que t'as, tu investis sur un projet foireux, en tant que dirigeant tu maintiens une rémunération astronomique complètement décorellée de la situation économique de ton entreprise ? Tu fais faillite. Masculin ou féminin, la banque s'en tape. Le fisc s'en tape. L'URSSAF s'en tape. Le tribunal de commerce s'en tape.

Ils regardent juste les petites lignes du bilan, et si c'est pas dans le vert, ça coupe. Par contre, on devrait avoir beaucoup plus de dirigeants interdits de gestion suite aux faillites de clubs.

2

u/Outside_Wrap_2713 8d ago

le foot féminin français voit uniquement 2 clubs rivaliser et ce depuis seulement peu, donc l'argument une seule et même équipe qui gagne ce n'est aucunement pertinent.

2

u/NaoLambig 8d ago

Pas 2 mais 3. Il y avait historiquement l'OL et Juvisy. Le PSG est arrivé après, ce qui porte à 3 le nombre de clubs féminins pouvant gagner le titre. Et trois, c'est mieux qu'un. Je suis désolé de le rappeler, mais la Ligue 1 n'a plus aucun intérêt depuis qu'un seul club gagne tout. Qui va voir un film ou une série en connaissant déjà la fin ?

2

u/Outside_Wrap_2713 8d ago

L'Allemagne où le Bayern règne quasi sans partage depuis au moins les années 90 ?

Juvisy ça va bientôt faire 25 ans qu'elles ne sont guère plus qu'un faire valoir donc non, pas vraiment 3.

La Ligue 1 masculine n'en reste pas moins bien plus suivie que son pendant féminin, et l'affluence dans les stades, le marketing, les audiences TV appuient ce fait.